Tribune Libre

La Crise ? Ce n’est pas moi, c’est… l’autre !

L'odeur du pognon (ou la soif de pouvoir) a toujours attiré les êtres cupides et avides, comme la putréfaction attire les charognards ou encore comme les faibles (nos vieux, nos enfants et nos femmes) attirent la racaille.

Mais les banquiers et les financiers – à de rares exceptions près – n'obligent pas les gouvernements à engager telle ou telle dépense dans le budget public, adopté par les parlements !

Il faut quand même bien faire le distinguo entre argent public (nos impôts) et argent privé (les revenus qui nous restent après les prélèvements obligatoires instaurés par la loi, imposée par les députés élus du « peuple »). Ce même populo qui vote en toute âme et conscience pour le parti ou celui qu'il estime être son meilleur « représentant »... On peut aimer ou haïr les diverses formules existantes en Europe (et pour ma part, je suis opposé au suffrage universel), mais c'est la majorité qui souvent remporte la mise au lendemain des élections, après marchandages et tractations de bas niveau.

Il est évident que la grande majorité des électeurs s'exprime essentiellement par émotion, sensibilité ou naïveté parce que « les promesses n'engagent que ceux qui y croient », dixit Charles Pasqua, ex-ministre de l'intérieur en France ; cette majorité est sans culture politique, sans mémoire et préoccupée uniquement par son bien-être et son niveau de vie.

Le Régime (au sens de l'organisation politique qui existe dans la plupart des pays européens) utilise la démagogie à outrance durant les périodes électorales, afin de convaincre le plus grand nombre : demain on rase gratis. Cette mafia libéro-socialo-écolo-capitalo-humaniste ne tient absolument pas à partager les prébendes avec ceux qui ne seraient pas issus du sérail et balise donc les possibilités de changements anticonformistes par des tabous, des ukases ou des lois liberticides, dans le but de diaboliser les partis ou les individus qui refusent les crédos et les poncifs qu'elle impose comme doctrine.

Rien d'étonnant par conséquent que ce Régime mette tout en œuvre pour la défense de cet Etat-Providence qui prend en charge tout individu de sa naissance à sa mort : tant que les assiettes seront pleines, le peuple ne bougera pas !

Cette imposture a été développée depuis 65 ans et nous a été matraquée à longueur de médias au lendemain de mai 1968 pour donner naissance à l'homo-consuméris, lobotomisé, dégénéré, véritable tube digestif ne fonctionnant que sous le seul motif « d'hédonisme ». Et pour mieux contrôler le citoyen lambda, sa femme et sa petite famille, le Régime lui offre les tentations les plus inimaginables : posséder anticipativement ce dont il rêve, sa petite auto, sa petite maison, ses vacances sacrées, son écran plat et le dernier modèle d'I-Pad ! Tout cela pour le plus grand bénéfice des banksters qui EUX, complices du Pouvoir, ont mis le Dieu Crédit à disposition du Régime. On en arrive ainsi à une interdépendance des uns par rapport aux autres, à tous les niveaux.

Des politiciens incompétents et lâches

Et ici, il y a lieu quand même de prendre un peu de recul. Ce ne sont pas les agences de notation qui ont imposé les dépenses somptuaires, les gaspillages éhontés des deniers publics, qui ont élaboré les budgets des différents gouvernements européens ou encore creusé les déficits publics depuis 40 ans ! Ce ne sont pas les hedges funds, les spéculateurs ou les paradis fiscaux qui ont poussé à l'immigration-invasion (source de dépenses pharaoniques), à la réduction du temps de travail, au congé parental, à la fraude fiscale et sociale, à la démultiplication des administrations locales, régionales, nationales ou européennes, causes directes de l'explosion du nombre de fonctionnaires qui ne contribuent en RIEN à la valeur ajoutée dans le PIB de chaque nation !

OUI, la crise actuelle et le krach qui s'annonce sont la conséquence de l'immense supercherie que l'Oncle Sam a fait miroiter aux yeux des yankees durant la décennie 90, en leur vantant la propriété pour tous, même pour ceux qui étaient incapables de rembourser le moindre dollar sur des emprunts mirifiques : Merci monsieur Greenspan !

OUI, nos politiciens sont des incompétents et des lâches, à tous les niveaux, parce qu'ils n'ont pas voulu, pas su ou pas vu arriver la débâcle et prendre les mesures drastiques qui s'imposaient depuis plusieurs années, de peur de la réaction des électeurs.

Je rappelle ici la déclaration d'Abraham Lincoln devant le Congrès en 1860 :

« Vous ne pouvez pas créer la prospérité en décourageant l'épargne.

Vous ne pouvez pas aider le salarié en anéantissant l'employeur.

Vous ne pouvez pas aider le pauvre en ruinant le riche.

Vous ne pouvez pas éviter les ennuis en dépensant plus que vous ne gagnez.

Vous ne pouvez pas forcer le caractère et le courage en décourageant l'initiative et l'indépendance.

Vous ne pouvez pas aider les hommes continuellement en faisant pour eux ce qu'ils pourraient et devraient faire eux-mêmes. »

Une anecdote pour terminer : lors d'une entrevue avec un expert financier, il y a quelques semaines, à la fin du constat et des mesures à envisager pour que les pays puissent redresser l'état lamentable de leurs systèmes financiers, le chef de cabinet d'un ministre lui déclara :

­ Vous n'y pensez pas, ce serait un véritable suicide politique !

­ Ah bon ! rétorqua l'expert. Vous faites donc passer l'intérêt personnel avant l'intérêt général ?

Avec de tels crétins, nous ne sommes pas sortis d'embarras... et l'addition va être salée !

Pieter KERSTENS

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